Les Roches Blanches

Demeure de Sanguinela de la Roche Blanche
 
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 Au revoir à Dijon

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Spads



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MessageSujet: Au revoir à Dijon   Jeu 29 Avr - 8:52

En début d'après-midi, à l'hôtel municipal de Dijon, le père Spads sortit tranquillement de sa chambre, un sac de vivre sur l'épaule. Il affichait une mine joyeuse bien que ceux observaient attentivement le prêtre remarquaient qu'un rictus soucieux passait fréquemment sur son visage. Après avoir longé le couloir et s'être arrêté devant la chambre de la baronne d'Aime quelques instants, hésitant entre frapper ou continuer son chemin. Il jugea vite plus opportun d'aller attendre son amie dans la salle du l'hôtel que de la déranger dans ses préparatifs. Il continua donc et descendit l'escalier en sautant les 3 dernières marches. En se réceptionnant d'une façon qu'il jugea très habile, il se fit la réflexion qu'il n'était digne ni de son âge, ni de sa fonction de faire de telles idioties.
Il se racla la gorge plus pour se donner une contenance que pour chasser une gêne, puis se dirigea vers le comptoir où le propriétaire le regardait d'un air suspect. Malgré tout, ce dernier salua son client avec déférence et humilité.

- Bonjour mon père, alors vous nous quittez déjà ?
Spads s'approcha tout en passant en revue les différents objets présent devant lui, sur le comptoir. Il avisa la petite cloche et hésita une seconde avant de répondre à son interlocuteur en se forçant à prendre une allure sérieuse d'autant plus difficile à garder qu'il était d'excellente humeur depuis le petit matin. Tout en parlant, il sortit sa bourse et la déposa devant lui avant de commencer à fouiller la doublure de sa robe dans l'idée d'y trouver quelques deniers égarés. Les rares buveurs présents dans la salle se régalaient en regardant le prêtre plisser les yeux et tenir sa langue au coin de sa bouche pour se concentrer dans sa quête. Tout cela le faisait converser de manière assez décousue.
- Oui, mon ami ... je ... je dois reprendre la route mais ... je reviendrai peut être d'ici ... hm ... quinze jours.
Faisant une moue intéressée, l'homme regarda la bourse du prêtre et lui sourit beaucoup plus largement. Ne faisant pas attention au fait que Spads était plus occupé à tenter de trouver des trésors dans ses poches que dans sa conversation, il continua en cherchant à en savoir plus.
- Ah Monseigneur, je vous garderai alors encore une fois ma meilleure chambre si tant est que vous me faites prévenir de votre visite.
Les chambres étaient toutes identiques mais le prêtre n'avait pas plus besoin de le savoir que d'être informé que la fameuse taxe de séjour supplémentaire était une invention de l'aubergiste. Relevant soudain la tête, le prêtre plissa instinctivement les sourcils, trahissant le manque d'écoute dont il venait de faire preuve. Il avait vaguement entendu parler de meilleure chambre et se réjouissait à l'idée d'en avoir une de qualité supérieure à celle de la dernière nuit. Non pas qu'il ait mal dormi mais il avait passé une partie de la soirée à prier pour le salut de l'âme de ses voisins qu'il souhaitait mariés sans trop en avoir l'impression. Aussi, il répondit d'un air joyeux.
- Ah oui, tout à fait, avec plaisir !
Ravi, l'aubergiste marmonna pour lui seul quelques mots de satisfactions, attitude symptomatique de ceux qui restent trop longtemps seuls face à eux même. Il se baissa alors pour vérifier quelque chose sous son comptoir et se redressa d'un bond pour en revenir à son saint client.
- Bien Monseigneur, alors, nous disions une chambre pour une nuit, avec la taxe ça nous fait ... hum... plus les consommations d'hier soir ... le repas ... Vous aviez ausi demandé du pain pour le trajet, il me semble... donc voilà ça nous donne un total de 18 écus et 35 deniers. Soit 18 écus pour l'homme d'église que vous êtes. Comme tout bon commerçant, l'homme savait gonfler un prix afin de pouvoir accorder une réduction par la suite tout en continuant à voler son client.
Pour avoir été un peu marchand dans ce qui lui semblait une autre vie, le prêtre sentit venir la combine mais n'avait pas le cœur à chipoter pour quelques pièces qu'il risquait de se faire voler le lendemain. Aussi, il sortit les écus de sa bourse pour payer son séjour à Dijon.
- Voilà pour vous mon fils. Mais, de grâce, arrêtez vous à "mon père", je ne suis pas assez lettré pour recevoir un titre tel que celui de "Monseigneur". Il aurait pu essayer de négocier en laissant miroiter la possibilité d'être accompagné à son retour. Et pas par un vagabond à qui le prêtre aurait fait l'aumône. Bien au contraire. Toutefois, par prudence et incertitude, Spads se résigna à garder secret ses projets.
- Merci mon père ! D'un geste un peu trop vif pour être honnête, l'aubergiste attrapa les écus tendus, n'en espérant certainement pas s'en tirer à si bon compte. Le réalisant, il se tourna vers la salle et tendit les bras vers elle. Installez vous, la maison vous offre un verre avant que vous ne partiez.

Ravi car c'était de toute façon son intention, Spads alla s'installer à une table, dans un coin d'où il pourrait observer la rue sans être trop visible. Depuis quelques temps il affectionnait particulièrement cette occupation.
Il déposa donc son sac au pied de son siège et appuya le dossier de sa chaise contre le mur. Ainsi installé, il commença à boire doucement en attendant de voir passer son amie et de pouvoir la saluer une dernière fois avant une séparation qui promettait d'être longue.
Après quelques minutes, le vin de Bourgogne lui éclairant l'esprit ou aveuglant sa raison, le prêtre ne se sentait plus aussi joyeux qu'auparavant. Il n'avait pas le vin mauvais mais en petite quantité, il le rendait pensif, c'était parfois un avantage, d'autres fois un ennuyeux défaut.
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Sanguinela

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MessageSujet: Re: Au revoir à Dijon   Sam 1 Mai - 3:11

Depuis le début de la matinée, un sérieux remue-ménage régnait dans la chambre qu’occupait la Baronne d’Aime. En effet, Sangui s’était plongée avec cœur et acharnement dans les préparatifs du départ. Les malles n’avaient eu de cesse de faire des allers-retours entre l’équipage qui était parvenu à l’auberge durant la nuit et la petite chambre de l’auberge. Robes, mantels et jupons, livres, traités, plumes et encre, carte, armes, et vivres avaient volés dans la pièce.

Tout fut réorganisé sous les directives de la Baronne. En effet, voyager à pied avec un baluchon sur l’épaule lui avait convenu durant quelques jours. Elle avait pu profiter au mieux des paysages ainsi que de la compagnie de Spads. Cependant, compte tenu de ses projets, il lui paraissait plus raisonnable de compter sur un peu plus de confort et de sécurité.

Mais ces taches domestiques avaient le don de l’insupporter et ce n’est pas sans mal que la Duchesse conserva son calme. Surtout lorsque d’autres auraient du se charger de cette tache. D’ailleurs, une oreille un peu trop curieuse aurait pu, en s’approchant de la porte, entendre l’ancienne Chancelière pester et lancer quelques mots d’oiseaux à l’encontre de certains domestiques un peu trop « mous » et trop peu compétents à son goût.
Lorsque tous les préparatifs furent achevés, l’après-midi était déjà entamée. Sangui passa donc une tenue correcte et quitta la pièce pour rejoindre le « père » Spads. Lui saurait la mettre de joyeuse humeur ! A moins que la perspective de leur départ séparé ne vienne assombrir cette belle après-midi de printemps.

Chassant les quelques idées moroses qui lui venaient à l’esprit, la Baronne descendit calmement les escaliers. La pièce était calme, les quelques voyageurs solitaires qui se tenaient là semblaient plongés dans leur pensée. A vrai dire, cela reflétait parfaitement l’image qu’elle avait pu se faire de la Bourgogne. Calme, repliée sur elle-même, presque léthargique. Du moins en apparence.

Après quelques secondes à observer la salle, Sangui aperçu son compagnon de voyage assis à une table. Il semblait soucieux et d’aussi fâcheuse humeur qu’elle. Leur dernier instant ensemble promettait d’être joyeux !

Affichant son plus beau sourire, elle s’approcha de lui et lui dit doucement…


Hum… Cette mine soucieuse ne te va pas du tout ! J’espère que ce n’est pas cette longue attente qui te plonge dans cet état… Je m'en voudrait de te plonger dans la mélancolie.
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Spads



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MessageSujet: Re: Au revoir à Dijon   Lun 3 Mai - 21:41

Spads arrivait juste à la fin de son premier verre lorsqu'il sentit que l'on approchait de sa table. Grognon par habitude, il se tassa légèrement sur sa chaise et se préparait d'avance à pousser son plus beau ronchonnement.

Remontant rapidement les yeux du sol, il reconnu facilement son amie dont le sourire désarma toute velléité belliqueuse chez lui. Aussi, après avoir pris une grande mais discrète inspiration visant à retrouver sa bonne humeur, il voulu se mettre debout et faire le tour de la table pour aider Sangui à s'installer tout en profitant de l'occasion pour l'embêter un peu. Il était au moins une constante chez Spads, depuis toujours l'envie de taquiner son prochain était plus forte que n'importe quelle fatigue.

Il reçut sa réplique pendant qu'il se levait, avant d'avoir pu placer le petit "baronne" qui lui tenait à coeur. Heureusement, il savait que ce n'était que partie remise. Pour la rassurer et commencer agréablement la conversation, il lui rendit d'abord son sourire de façon franche et reprit sa place d'un petit bond sur sa chaise. Malgré le vin et à défaut d'être ravi de cet au revoir, il était au moins d'humeur joueuse.

Une fois assis, il continua la conversation, n'ayant laissé en tout que quelques secondes à Sangui pour assimiler tous les gestes qu'il avait pu faire.


Oh, rassure toi, si quelqu'un devait me rendre mélancolique, ce ne serait certainement pas toi. Même s'il nous a un peu forcé la main, je trouve que Pather a eu une très bonne idée. Je n'avais pas pu te voir souvent ces derniers temps.

Marquant une petite pause, il lui adressa un nouveau sourire de soutien, sachant bien quelles pensées traverseraient l'esprit de la baronne à la suite d'une telle remarque. Aussi, pour chasser les mauvaises idées, il continua très rapidement.

Alors, tous tes paquets sont terminés ?
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Sanguinela

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MessageSujet: Re: Au revoir à Dijon   Ven 7 Mai - 17:05

Lorsqu’elle vit Spads se tasser sur sa chaise, Sangui se retint de rire. C’était une attitude typiquement Spadienne ! Tout individu s’approchant d’un peu trop près et non invité à le faire se voyait systématiquement gratifier de cette même attitude. A ceci près, qu’elle était habituellement accompagné d’un grognement ou deux. Par chance, cette fois-c i, la Baronne échappa au traitement complet.

Sangui reçut le sourire de son ami avec un certain soulagement. Cet « au revoir » serait moins morose que prévu. Elle sembla le couper dans son élan lorsqu’elle parla. Intriguée quelques secondes, elle du très rapidement passer à autre chose. Quoi que Spads eut à dire, elle le saurait à un moment donné.

Assise face à Spads, elle décida d’éluder le passage portant sur son mandat de Duchesse. Les évènements étaient encore trop frais pour qu’elle puisse y songer sans peine. Elle lui répondit :


Hum… Un peu forcé la main ! Je trouve que tu es très indulgent avec lui. D’autant plus qu’il était plein d’arrières pensées. Il n’y avait rien de très charitable dans son attitude !

Tout en se servant du vin dans le verre de Spads, elle continua.

Mes paquets ! Ne m’en parle pas… C’était une horreur ! On parle beaucoup des avantages d’être noble. Mais absolument rien n’est dit sur les difficultés que cela implique. Sans parler des effets secondaires. On devient exigeant, encore plus qu’avant, futiles, exécrables lorsque rien ne se déroule comme on le souhaite et on passe des heures à faire et refaire des malles.

C’est l’horreur !


Sangui rit de bon cœur avant de boire une gorgée de ce vin. Une grimace ne tarda pas à apparaitre sur son visage. Elle s’apprêtait à lancer une remarque peu obligeante, mais après avoir croisé le regard sans aménité du tenancier, elle modéra finalement son propos.

Hum… Ce n’est pas le meilleur des vins, mais… c’est… honorable pour une petite auberge…

Elle lança un regard entendu à son compagnon de voyage avant d’ajouter…

Et toi ? Ton baluchon est prêt ?

Je sais que ton « statut » ne te permet pas de porter d’arme. Mais tu pourrais au moins emporter un petit poignard de rien du tout. Juste comme mesure dissuasive… Tu n’es pas obligé de t’en servir…
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Spads



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MessageSujet: Re: Au revoir à Dijon   Dim 9 Mai - 19:24

A la remarque au sujet de Pather, un sourire se lisait sur les lèvres de Spads, il savait bien qu'il y avait du vrai dans les propos de Sangui mais comme vu le nombre d'idioties qu'il avait fait subit au Seigneur de Saint-Ours, il ne lui jetait pas la pierre. De plus, Pather était plus subtil que Spads et ses plaisanteries avaient toujours un objectif plus ou moins secret.

Observant son amie se servir en vin, il se dit qu'elle avait l'air d'être pressée de le rattraper dans l'ivresse. Aussitôt pourtant, il vit une petite grimace qui augmenta encore sa bonne humeur. Elle n'était donc pas assoiffée au point de se contenter d'un petit vin tel que celui de l'auberge. Il faut avouer qu'en bon savoyard Spads était plus habitué au vin blanc des alpages qu'à un rouge de Bourgogne. Faire la différence entre les différents crus locaux lui était trop complexe pour vraiment s'en soucier.

Il rendit de bon cœur à Sangui son regard, se remettant pleinement à son expérience à ce sujet.


Oui, tout est prêt, comme je n'ai pas grand chose, c'est assez facile. Je sais bien que ce n'est pas le cas de tout le monde !
Tu devrais essayer de te transformer en clerc quelques jours, tu verrais, c'est grisant cette liberté matérielle. Même si on regrette un peu le confort de temps en temps.

Concernant ce petit poignard -tellement petit que je ne pourrais même pas blesser un moineau avec- je préfère autant te le laisser tout en te remerciant de l'attention. Comme je le disais, je n'ai pas grand chose sur moi, rien qui vaille la peine de risquer la vie d'un homme. Encore moins la mienne !
Et puis, j'ai mon bâton pour le défendre contre les bêtes qui pourraient me prendre pour proie. Tu conviendras qu'en cette saison c'est peu probable, ma viande ne doit d'ailleurs guère plus valoir la peine d'être goûtée.
A force de s'entendre dire vieux, il allait finir par le croire vraiment.

C'est plutôt pour toi que je m'inquiète. Je sais bien que mon escorte n'a aucune valeur sur le plan militaire mais es-tu sûre de vouloir partir comme ça pour la Franche-Comté ? Sans avoir d'idée précise ni sur ta destination finale, ni sur ta date de retour possible en Savoie ?


Au delà d'une politesse sincère, Spads était vraiment inquiet pour son amie qui montrait des signes important de lassitude. Il voulait s'assurer que ce voyage était une simple solution face à l'ennui et non pas une errance incontrôlée. Pour avoir vécu ce type de situation, il savait d'expérience que la clé n'était pas tant dans le voyage que dans le retour au pays.
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